28/04/2013

L’exposition Coloniale de 1931

 

1931.7.jpgL’exposition coloniale de 1931 marque l’apogée du mythe colonial français. Outre les reconstitutions de palais, villages et temples, les soldats de la Force Noire seront à l’honneur, et chacun pourra se faire photographier avec ces hommes en charge de la défense de notre pays.

 « A l’Exposition coloniale, nos braves tirailleurs de toutes races étaient à l’honneur. Le public les considérait avec un peu de surprise et beaucoup de sympathie : on leur notait un air « bon enfant », on s’extasiait sur leur belle humeur, leur sourire ou leurs dents blanches. Mais, sans doute, la plupart des visiteurs se bornaient à ces considérations ; parmi ces Français qui, par définition ne savent pas leur géographie et bien souvent leur histoire, bien peu soupçonnaient toute la profondeur, toute la beauté de ce miracle colonial français à qui nous devions notre armée indigène. Ces arabes, ces noirs, ces jaunes, c’étaient pour nos troupes, il y a dix, vingt, trente, quarante ans des adversaires décidés et farouches, et voici que le prestige de notre race a opéré : les ennemis de la veille sont devenus les auxiliaires du lendemain, et des auxiliaires qui, dans la grande épopée coloniale comme sur les champs de bataille d’Europe, ont su se donner jusqu’à la mort. Ce qu’il faut considérer, c’est moins le pittoresque de ce beau tirailleur d’ébène, rigide dans sa faction devant quelques palais de  l’Exposition coloniale, que l’ensemble des faits historiques qui l’ont amené là et qui résultent du génie civilisateur d’une France étendant sa sollicitude sur des peuples lointains, et le considérant comme une partie intégrante de la famille française. Nos soldats indigènes, ces modestes Mahmadou, Coulibaly, Nguyen ou Rakoto, cette armée indigène, c’est l’affirmation, à l’époque où l’on parle volontiers de la décadence de notre pays, de sa grandeur morale.»[1]  Les troupes indigènes coloniales ont pour vocation de servir d’ambassadeurs de la gloire de la France une fois rentrées dans leurs colonies d’origine. « Leur nombre a été fixé à 1200 fantassins et 200 spahis et chasseurs d’Afrique. Ils ont pour tâche d’assurer les services d’honneur, de surveillance et de gardiennage des palais et pavillons. En dehors des chants et danses de tirailleurs dans les salles de spectacles du musée des Colonies et de la Cité des informations. Sélectionnés, encadrés d’officiers métropolitains, objets de bien des attentions afin qu’ils gardent de la capitale de la France un souvenir émerveillé. »[2]



[1] Balimatoua et compagnie. Zigzags à travers le vaste Empire Français. Colonel Jean Charbonneau. Ed Charles Lavauzelles. Paris 1934.

 

[2] L’Exposition Coloniale de 1931. Catherine Hodeir et Michel Pierre.  André Versaille éditeur 2011.

 

00:08 Écrit par excalibur6640 dans Blog, Festival du livre, Histoire, Livre, Loisirs, Science, Shopping, Une Histoire Oubliée, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | |

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