30/06/2014

Retirada 1939.... il y a 75 ans

Il y a 75 ans la République espagnole sombrait sous les assauts des troupes franquistes. Près de 500000 hommes femmes et enfants étaient jetés sur les routes. Bloqués par les Gardes Mobiles et les 18000 hommes envoyés par le Gouvernement de la république, cette marée humaine sera refoulée avant de pouvoir passer. Albert Sarraut avait dit "Nous accepterons peut être les hommes et les enfants" les autres dehors... Loin d'être généreuse la patrie des droits de l'Homme va laisser durant cet hiver long et froid ces hommes dans des camps de fortune. Argelès, Le Barcarès, St Cyprien, Agde, lieux privilégiés par les touristes aujourd'hui seront le théâtre de scènes de désespoir. Spahis, biffins, et tirailleurs seront les gardiens malheureux de cette pages sans gloire.

Le livre de Jean François Mouragues développe dans un de ses chapitres les conditions de vie des Républicains espagnols et leurs relations avec les tirailleurs sénégalais. Lire absolument Soldat de la République disponible sur commande dans toutes les librairies. Lire aussi Une histoire Oubliée livre riche de 150 photograhiesimages.jpg1941. prisonniers 13a.JPG1 1914 aa.jpgIMG_NEW (2).jpgRetirada A.JPGRetirada C.JPGEspagnols au Boulou.jpg

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28/04/2013

La Force Noire

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Les tirailleurs sénégalais arborant la chéchia rouge, sont reconnaissables de loin. Leur uniforme est différent des fantassins de «14 » : ils portent comme « tenue sortie »  un paletot de molleton kaki aux tresses jonquille réservées uniquement aux troupes indigènes, marqué au col du millésime du régiment. Les Africains portent aussi une ceinture de flanelle écarlate barrée d’un large ceinturon de cuir. « En 1920, une commission des troupes indigènes est confiée à Mangin dans le but d’optimiser l’utilisation des soldats des colonies. A côté des 5000 militaires de carrière, on prévoit aussi de lever 15000 hommes en AOF et 6000 en AEF et au Cameroun. Même si le métier de tirailleur popularisé par la guerre attire davantage  et que des améliorations ont été apportées – soldes plus élevées, avantages pour les familles, qualité des cantonnements, affectation en métropole, participation à des opérations extérieures, perspectives de reclassement, prestige, emplois réservés – de nombreux jeunes continuent à craindre la conscription. A la fin de 1922, l’armée française compte 4500 tirailleurs en France, 4800 en Algérie-Tunisie, 10000 au Levant, 10500 au Maroc, 14800 en AOF et 4700 en AEF ; soit 51599 hommes. Les Africains constituent 38% des effectifs de l’armée coloniale. » [1] Le 21 octobre 1927 les régiments coloniaux présents en métropole sont regroupés au sein de divisions coloniales sénégalaises.[2] Le 24e RTS est intégré à la 1ère division coloniale sénégalaise, 1ère et 2e brigades, dont le PC est à Toulouse. La 1ère brigade (PC Bordeaux), comprend le 3e RIC de Rochefort et le 14e RTS de Mont de Marsan, de Libourne et de Tarbes. La 2ème brigade comprend le 16e RTS de Montauban, Castelsarrasin et le 24e RTS de Perpignan (portion centrale) Sète et Agde. L’autre division comprend le 12e RTS cantonné à de Saintes et La Rochelle, le 4e RTS de Toulon et Fréjus et le 8e RTS Marseille et Toulon. Il faudra attendre le milieu des années 30 avec la montée des périls et l’augmentation des crédits alloués à la Défense pour que quatre divisions d’infanterie coloniales voient le jour.



[1] La Force Noire. Eric Deroo. Tallandier 2006. p135. 

[2]Une seule DIC sera uniquement à personnels européen la 3e DIC division de défense de Paris qui comprend les 1er, 21e et 23e RIC.

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L’exposition Coloniale de 1931

 

1931.7.jpgL’exposition coloniale de 1931 marque l’apogée du mythe colonial français. Outre les reconstitutions de palais, villages et temples, les soldats de la Force Noire seront à l’honneur, et chacun pourra se faire photographier avec ces hommes en charge de la défense de notre pays.

 « A l’Exposition coloniale, nos braves tirailleurs de toutes races étaient à l’honneur. Le public les considérait avec un peu de surprise et beaucoup de sympathie : on leur notait un air « bon enfant », on s’extasiait sur leur belle humeur, leur sourire ou leurs dents blanches. Mais, sans doute, la plupart des visiteurs se bornaient à ces considérations ; parmi ces Français qui, par définition ne savent pas leur géographie et bien souvent leur histoire, bien peu soupçonnaient toute la profondeur, toute la beauté de ce miracle colonial français à qui nous devions notre armée indigène. Ces arabes, ces noirs, ces jaunes, c’étaient pour nos troupes, il y a dix, vingt, trente, quarante ans des adversaires décidés et farouches, et voici que le prestige de notre race a opéré : les ennemis de la veille sont devenus les auxiliaires du lendemain, et des auxiliaires qui, dans la grande épopée coloniale comme sur les champs de bataille d’Europe, ont su se donner jusqu’à la mort. Ce qu’il faut considérer, c’est moins le pittoresque de ce beau tirailleur d’ébène, rigide dans sa faction devant quelques palais de  l’Exposition coloniale, que l’ensemble des faits historiques qui l’ont amené là et qui résultent du génie civilisateur d’une France étendant sa sollicitude sur des peuples lointains, et le considérant comme une partie intégrante de la famille française. Nos soldats indigènes, ces modestes Mahmadou, Coulibaly, Nguyen ou Rakoto, cette armée indigène, c’est l’affirmation, à l’époque où l’on parle volontiers de la décadence de notre pays, de sa grandeur morale.»[1]  Les troupes indigènes coloniales ont pour vocation de servir d’ambassadeurs de la gloire de la France une fois rentrées dans leurs colonies d’origine. « Leur nombre a été fixé à 1200 fantassins et 200 spahis et chasseurs d’Afrique. Ils ont pour tâche d’assurer les services d’honneur, de surveillance et de gardiennage des palais et pavillons. En dehors des chants et danses de tirailleurs dans les salles de spectacles du musée des Colonies et de la Cité des informations. Sélectionnés, encadrés d’officiers métropolitains, objets de bien des attentions afin qu’ils gardent de la capitale de la France un souvenir émerveillé. »[2]



[1] Balimatoua et compagnie. Zigzags à travers le vaste Empire Français. Colonel Jean Charbonneau. Ed Charles Lavauzelles. Paris 1934.

 

[2] L’Exposition Coloniale de 1931. Catherine Hodeir et Michel Pierre.  André Versaille éditeur 2011.

 

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De l'utilisation des troupes noires

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Lorsqu’ils viennent tenir garnison à Perpignan à compter du 1er janvier 1923, les tirailleurs sénégalais ne sont pas des inconnus pour les habitants de la cité catalane. Ils ont servi par centaines de milliers en France et en Orient entre 1914 et 1919, plusieurs centaines ont été soignés à l’hôpital de Perpignan et bon nombre d’entre eux reposent au carré militaire du cimetière de l’Ouest. La République reconnaissante leur a donné une place d’honneur lors du défilé de la victoire du 14 juillet 1919 ; le concept de Force Noire a su s’imposer, malgré les réticences d’une partie de la classe politique, de certains administrateurs de l’Afrique de l’Ouest et des colons. Mais dans l’inconscient collectif, ces soldats coloniaux n’ont pas leur place sur les champs de bataille d’Europe, on les qualifie de « chair à canons » alors que, même si le chiffre des morts au combat s’élève pour les Africains à 29310 tués, il n’est pas pour autant supérieur en pourcentage à celui des combattants européens. Malgré cela, lorsqu’ils débarquent en gare de Perpignan ou à Port-Vendres, ces hommes noirs intriguent. On les reconnait, car ils sont depuis 1916 représentés sur toutes les boites de poudre chocolaté, ils inspirent respect et crainte. Respect du fait de leur uniforme, mais crainte du fait de la propagande qui, bien malgré eux, les a dépeints comme d’anciens barbares anthropophages nouvellement civilisés, sachant manier avec dextérité le coupe-coupe. Ce coupe-coupe ils le porteront à la ceinture jusqu’en 1940. Les Allemands leur feront alors payer très cher l’usage de cette arme si commode dans les combats rapprochés. Hauts en couleurs, les tirailleurs arborent la chéchia cramoisie haute de 25 centimètres et une large ceinture de laine écarlate portée sous les vêtements en tenue de campagne en Europe.

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13/09/2012

Festival un livre à la Mer Collioure 2012

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